Auteur : Fabienne DEBOSSHERE, kinésithérapeute Bobath.

TONUS ET CHEVAL. Il y a plus de 2000 ans, Hipocrate, médecin grec de l'Antiquité observait déjà que l'équitation en plein air empêchait les muscles de perdre leur tonus.

Par Fabienne DEBOSSHERE, kinésithérapeute Bobath.

La TAC, "Thérapie Avec le Cheval" est une méthode d'éducation ou de rééducation. GLOBALE car elle sollicite à la fois une participation physique et psychique de l'organisme. ANALYTIQUE car on réalise beaucoup de mouvements isolés et indépendants.

Il a été montré que le travail au pas permet un travail tonique global (300 muscles fonctionnent) et un ajustement tonique pour maintenir l'équilibre (2280 par 1/2 heure).

Les mouvements rythmiques du cheval provoquent une rééquilibration du tronc qui se fait de façon inconsciente et automatique. Quand le cheval est en mouvement, le patient est constamment déséquilibré. Cela entraîne une alternance de contractions et de décontractions (relâchements) pour se rééquilibrer et ne pas chuter du cheval. Cet exercice, en sollicitant les muscles du tronc, améliore le tonus postural.

Le mouvement du cheval entraîne des mobilisations musculaires passives. Le mouvement est continu et rythmé, ample et lent. C'est très intéressant pour les spastiques.

Les mouvements de balancement régulier du dos du cheval conduisent donc le patient à une réadaptation constante de son équilibre, mais aussi à un relâchement de la musculature.

La position assise est une position qui inhibe la pathologie. Par exemple, en étirant les adducteurs chez l'enfant spastique. Elle a une influence régulatrice sur le tonus et les comportements anormaux de la posture. Elle favorise les mouvements normaux. Cette position prépare et favorise le développement du contrôle de la tête et du tronc.

Le pas du cheval induit en fait trois types de poussées au niveau du bassin :

- une poussée antéro-postérieure lors de l'alternance des phases de propulsion et de décélération,

- une poussée latérale induite par la flexion latérale de la colonne du cheval lors du posé des postérieurs,

- une poussée verticale induite par l'élévation des hémicorps du cheval.

Ces poussées entraînent un travail musculaire constant avec une alternance de contraction/décontraction des muscles agonistes/antagonistes. L'enfant doit garder l'alignement correct bassin-tronc pour ne pas être encore plus déséquilibré.

La chaleur et le pas rythmé du cheval provoquent un véritable massage qui régulera le tonus et améliorera la musculature dorso-lombaire. En relâchant la musculature proximale, on permet de libérer la partie distale des membres inférieurs.

Le fait d'arrêter le cheval, de repartir au pas, de changer de direction ou de vitesse stimule ausi l'équilibre. On obient ici des réactions posturales réflexes.

Le travail des membres supérieurs permet encore d'harmoniser le tonus dans le sens où :

- l'enfant doit stabiliser son tronc pour libérer ses membres supérieurs,

- l'enfant, pour guider son cheval, doit écarter les bras. Ceci provoque une ouverture. C'est tès important chez les personnes hypertoniques,

- avec les personnes hypertoniques on préfèrera qu'elles gardent les bras près de l'axe du corps pour augmenter leur tonus.

Les mouvements de balancements réguliers ont leur importance chez les athétosiques et les choréiques.

En quittant le sol, la personne handicapée découvre une situation inconnue, mouvante, pleine de sensations nouvelles. Le patient doit continuellement s'adapter.

Le tonus bien maîtrisé est indispensable au dosage des demandes du cheval.

Sont elles adéquates en force et en vitesse ?

La direction du mouvement est-elle la bonne ?

L'amplitude du mouvement est-elle suffisante ou exagérée ?

Une remise en question constante est requise. Ce sont les réactions, les réponses du cheval qui nous informeront sur la qualité de la demande.

Le cheval est enfin, par son fonctionnement physiologique, extra sensible au dialogue tonique avec celui qui le touche.

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