L'ENFANT " HYPERACTIF" et le CHEVAL : UNE UNION (D)ETONNANTE.
HYPERACTIVITE OU AGITATION ???
L'hyperactivité, terme très en vogue pour le moment, est parfois employé abusivement ou à mauvais escient. Dès qu'un enfant bouge beaucoup, éprouve des difficultés à se concentrer ou réagit impulsivement, il est catalogué hyperactif.
Il est indisensable de différencier hyperactivité vraie, d'origine neurologique ou génétique, d'une agitation motrice issue d'un dysfonctionnement psycho-affectif de l'enfant et de son environnement.
En effet, le premier cas doit impérativement être diagnostiqué par des examens médicaux approfondis : électro-encéphalogramme, scanner cérébral, anamnèse approfondie, examen psychomoteur, examen des capacités intellectuelles, visuelles et auditives. Sur base d'un dialogue entre la famille et le médecin, une médication adaptée (neurostimulants : Rilatine) sera parfois jugée nécessaire.
Dans le cas de troubles moteurs ayant une origine psychologique, la même médication est complètement inutile et l'on peut passer à côté de la chance de travailler sur l'origine des symptômes grâce à un accompagnement psychologique adapté à la personne.
L'hippothérapie comme accompagnement : une alternative à la médication.
C'est ici que l'hippothérapie trouve à mon sens sa vraie place; thérapie à médiation corporelle, accompagnement avec un merveilleux animal, espace thérapeutique organisé autour d'une relation à trois...
Des parents confient, découragés : "notre enfant est agressif, impulsif, il bouge tout le temps, il ne sait rester sur la même activité plus de cinq minutes, il est émotif et ultra sensible...".
Cet ensemble de signes peut indiquer qu'il s'agit d'un enfant présentant de l'agitation motrice sans nécessairement être de l'hyperactivité. Grâce à l'analyse de la demande de la famille mais surtout après une observation concrète du corps, des mouvements et du comportement de l'enfant en présence du cheval, le thérapeute fera une proposition de travail.
Commence alors un voyage composé de beaucoup d'inconnues (le chemin à construire ensemble) mais si riche et si intense qu'il n'en est que plus beau.
Voir que l'enfant, en dessous de ses signes d'agitation, est en souffrance et exprime probablement maladroitement les choses par son corps. Croire qu'il a en lui des richesses bien plus grandes que les difficultés apparentes et qu'elles demandent un fil conducteur pour être exploitées. L'hippothérapie constitue, à mon sens, un magnifique stimulant et fil conducteur.
Le cheval est un partenaire incroyablement complet : il reçoit les émotions tout en étant fidèle à son ressenti et à son instinct, il reçoit les mouvements, il donne, il indique, il stimule, il interroge... tout ceci dans un espace temps qui se veut thérapeutique dès son installation (jour, heure, lieu), avec la complicité et sous le regard bienveillant du thérapeute.
L'enfant agité et le cheval : une ré-UNION.
Alors que se passe--t-il grâce à ce mélange étrange et audacieux ?
Des choses parfois inexprimables parce que limitées par les mots !
Le cheval peut tout à fait recevoir le surplus de mouvements de la personne. En réponse il donnera de manière claire des signes de participation, de refus, d'accord, etc. L'enfant à son tou, est invité à s'ajuster aux réponses de l'animal.
S'installe alors un véritable échange, une danse.
L'enfant bouge en accordance avec le cheval, il découvre ses sensations, il découvre son corps au moyen de celui d'un autre être, il s'imprègne des mouvements, de la chaleur et est inéluctablement ramené vers ce qu'il a de plus profond en lui : ses richesses, ses manques, sa personnalité, en un mot son essence.
Et voilà cet enfant morcelé qui se re-découvre et se re-construit. Voilà l'enfant et l'animal ré-unis par un lien profond et ancré.
Le travail d'accompagnement prend alors tout son sens et peut se poursuivre le temps nécessaire.]
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